{"id":567,"date":"2026-09-01T16:59:08","date_gmt":"2026-09-01T16:59:08","guid":{"rendered":"https:\/\/iafdd.org\/?p=567"},"modified":"2026-09-01T16:59:09","modified_gmt":"2026-09-01T16:59:09","slug":"ces-tendances-du-marche-mondial-qui-risquent-decourter-la-duree-dexploitation-du-petrole-et-du-gaz-au-senegal","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/iafdd.org\/index.php\/2026\/09\/01\/ces-tendances-du-marche-mondial-qui-risquent-decourter-la-duree-dexploitation-du-petrole-et-du-gaz-au-senegal\/","title":{"rendered":"Ces tendances du march\u00e9 mondial qui risquent d\u2019\u00e9courter la dur\u00e9e d\u2019exploitation du p\u00e9trole et du gaz au S\u00e9n\u00e9gal"},"content":{"rendered":"\n\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Les limites physiques \u00e0 l\u2019exploitation des hydrocarbures<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les ressources fossiles, notamment le p\u00e9trole et le gaz, ont jou\u00e9 un r\u00f4le important dans la formation du revenu national de beaucoup de pays. En Afrique, comme ailleurs dans le monde, les revenus qu\u2019elles procurent, ont significativement contribu\u00e9 au PIB, aux exportations et aux recettes budg\u00e9taires. Or, cette d\u00e9pendance vient, souvent, avec la mal\u00e9diction des ressources naturelles et ses cons\u00e9quences sur la stabilit\u00e9 des pays, qui sont une r\u00e9alit\u00e9 bien document\u00e9e en Afrique. D\u00e9sormais, il faudra, en plus, compter avec la fin, per\u00e7ue par beaucoup comme \u00e9tant imminente, de l\u2019exploitation de ces ressources, ajoutant une complication suppl\u00e9mentaire. Les limites g\u00e9ologiques propres aux r\u00e9serves d\u2019hydrocarbures constituent le premier obstacle \u00e0 la p\u00e9rennisation de l\u2019exploitation des hydrocarbures.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Selon les estimations de l\u2019OPEP, avec des r\u00e9serves p\u00e9troli\u00e8res actuellement estim\u00e9es \u00e0 environ 120 milliards de barils prouv\u00e9s, le continent africain pourrait r\u00e9aliser, aux rythmes actuels de production des pays, une dur\u00e9e suppl\u00e9mentaire moyenne d\u2019exploitation de 40 \u00e0 50 ans. Cette dur\u00e9e moyenne cache, cependant, d\u2019importantes disparit\u00e9s nationales, avec des niveaux allant de seulement 7 ans pour l\u2019Angola \u00e0 plus de 100 ans pour la Libye. Pour le S\u00e9n\u00e9gal, les pr\u00e9visions de Woodside situent l\u2019\u00e9puisement des r\u00e9serves dans environ 20 ans, avec possibilit\u00e9 d\u2019extension en contrepartie d\u2019investissements additionnels. Pour le gaz, avec des ressources largement plus importantes, la dur\u00e9e d\u2019exploitation, bas\u00e9e uniquement sur les r\u00e9serves, est sup\u00e9rieure \u00e0 50 ans, pour le S\u00e9n\u00e9gal. Toutefois, ces estimations ne concernent que les limites d\u00e9termin\u00e9es par les r\u00e9serves g\u00e9ologiques, et ne prennent, nullement, en compte les variables \u00e9conomiques qui risquent de jouer un r\u00f4le bien plus important, dans la poursuite ou non de l\u2019exploitation, dans les prochaines ann\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Les limites li\u00e9es \u00e0 l\u2019\u00e9volution de la demande mondiale<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ces derni\u00e8res ann\u00e9es, du fait de la conjonction de plusieurs facteurs, on note une rapide augmentation de la comp\u00e9titivit\u00e9 des \u00e9nergies renouvelables, au d\u00e9triment des \u00e9nergies fossiles. Selon des estimations concordantes, au-del\u00e0 de 2050, il commencera \u00e0 \u00eatre tr\u00e8s difficile de rentabiliser les projets d\u2019\u00e9nergie fossile. Deux facteurs, principalement, contribuent \u00e0 cette dynamique&nbsp;: l\u2019expansion du domaine de l\u2019\u00e9conomie verte et, corr\u00e9lativement, la r\u00e9volution observ\u00e9e dans la technologie de la production \u00e9nerg\u00e9tique.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Concernant les sources d\u2019\u00e9nergie, les r\u00e9centes comparaisons des prix du renouvelable et de l\u2019\u00e9nergie thermique, penchent significativement au profit des premiers. Selon le dernier rapport de l\u2019IRENA (Agence Internationale pour les Energies Renouvelables), le co\u00fbt du renouvelable au KWH est de 3,4 cents pour l\u2019\u00e9olien terrestre, 4,3 pour le solaire photovolta\u00efque, 5,7 cents pour l\u2019hydro\u00e9lectricit\u00e9, contre une moyenne de 13 cents pour le gaz combin\u00e9 et 20 cents pour le charbon. Ce qui est plus frappant c\u2019est le rythme d\u2019\u00e9volution de ces co\u00fbts sur le long terme. Entre 2010 et 2025, le co\u00fbt au KWH des sources d\u2019\u00e9nergie renouvelable a connu une baisse drastique&nbsp;: de l\u2019ordre de 53% pour la g\u00e9othermie, de 63% pour l\u2019\u00e9olien off-shore, de 71% pour l\u2019\u00e9olien terrestre, et de 89% pour le solaire. En revanche pour l\u2019\u00e9lectricit\u00e9 d\u2019origine thermique, les baisses enregistr\u00e9es sont plus modestes, de l\u2019ordre de seulement 5% pour le gaz combin\u00e9, et des variations tr\u00e8s erratiques pour le diesel. S\u2019il est vrai que la prise en compte de certains autres facteurs, comme les co\u00fbts de stockage ou du r\u00e9seau, conduirait \u00e0 un resserrement substantiel de ces \u00e9carts de prix, la rapide \u00e9volution de la technologie, dans ces domaines, am\u00e8ne \u00e0 pr\u00e9sager une comp\u00e9titivit\u00e9 toujours soutenue en faveur du renouvelable.&nbsp;&nbsp;Dans le m\u00eame temps, on note un retour en force du nucl\u00e9aire qui, tout en n\u2019\u00e9tant pas une \u00e9nergie renouvelable, est une \u00e9nergie bas carbone. A cela, s\u2019ajoutent les progr\u00e8s r\u00e9alis\u00e9s dans le domaine de l\u2019hydrog\u00e8ne vert, une source \u00e9galement bas carbone, et concurrente du fossile.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Au-del\u00e0 du secteur \u00e9nerg\u00e9tique, on note une d\u00e9carbonation sans pr\u00e9c\u00e9dent de beaucoup de secteurs dans les \u00e9conomies modernes&nbsp;: le b\u00e2timent, les \u00e9quipements industriels, le transport, l\u2019agriculture, l\u2019eau et l\u2019assainissement, etc. L\u2019\u00e9conomie verte concerne, en effet, tous les secteurs d\u2019activit\u00e9 avec une faible empreinte carbone et prenant en compte la pr\u00e9servation de l\u2019environnement en g\u00e9n\u00e9ral. Elle concerne la production de sources d\u2019\u00e9nergies plus durables, mais \u00e9galement l\u2019efficacit\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique dans ces secteurs identifi\u00e9s. Avec un march\u00e9 projet\u00e9 \u00e0 7000 milliards de dollars en 2030, l\u2019\u00e9conomie verte connait la croissance la plus forte au monde, juste derri\u00e8re le march\u00e9 de la haute technologie, selon un r\u00e9cent rapport du Forum Economique Mondiale (WEF 2026). Les revenus provenant de ce secteur augmentent deux fois plus rapidement que ceux provenant des autres secteurs d\u2019activit\u00e9. Des secteurs comme l\u2019\u00e9conomie circulaire, les nouvelles technologies agricoles, et la finance verte, r\u00e9alisent respectivement des croissances de 12%, 14% et 9%. En 2025, le WEF a d\u00e9nombr\u00e9 presque 11000 grandes entreprises d\u00e9veloppant des solutions visant \u00e0 r\u00e9duire leur empreinte carbone. Ces entreprises repr\u00e9sentaient 40% des capitalisations boursi\u00e8res sur les march\u00e9s financiers internationaux et 25% du chiffre d\u2019affaires mondial. Selon l\u2019IRENA, le solaire repr\u00e9sente \u00e0 lui seul plus de 96% des capacit\u00e9s de renouvelables install\u00e9es en 2025.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La bio-\u00e9conomie durable et circulaire, qui utilise les ressources biologiques durables (for\u00eats, animaux, microorganismes, etc.) pour produire une diversit\u00e9 de produits comme les aliments, les produits industriels comme le plastique, offre une parfaite illustration du dynamisme de l\u2019\u00e9conomie verte. Elle prend, \u00e9galement, de plus en plus de l\u2019importance et risque, \u00e0 terme, de bouleverser consid\u00e9rablement le fonctionnement de beaucoup de chaines de valeur, dans l\u2019agriculture, dans l\u2019industrie, dans le secteur pharmaceutique et dans le cosm\u00e9tique, entre autres. L\u2019Union Europ\u00e9enne estime le potentiel du secteur \u00e0 30.000 milliards d\u2019euros \u00e0 l\u2019horizon 2050.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Par cons\u00e9quent, l\u2019expansion de l\u2019\u00e9conomie verte et les gains substantiels de comp\u00e9titivit\u00e9 du renouvelable sur l\u2019\u00e9nergie fossile, continueront d\u2019exercera, dans les prochaines ann\u00e9es, une forte pression \u00e0 la baisse, sur la demande d\u2019\u00e9nergie fossile.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Quelles implications politiques\u00a0?<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Au S\u00e9n\u00e9gal, m\u00eame si l\u2019exploitation des hydrocarbures est relativement r\u00e9cente, le p\u00e9trole et le gaz ont gagn\u00e9 significativement en importance dans l\u2019\u00e9conomie nationale. Alors que le taux de croissance du PIB est estim\u00e9 \u00e0 6.7% en 2025, celui hors p\u00e9trole et gaz est seulement de 1.8%. Leur part dans les exportations est \u00e9valu\u00e9e \u00e0 plus de 28% en 2025, contribuant \u00e0 faire gagner plus de 8 points au d\u00e9ficit de la balance commerciale. Un nombre grandissant de services, y compris les programmes \u00e9ducatifs, se r\u00e9organisent progressivement autour de ce secteur. Avec la strat\u00e9gie gaz to power, le secteur \u00e9nerg\u00e9tique est appel\u00e9 \u00e0 progressivement se transformer en substituant le gaz national au fioul import\u00e9, largement subventionn\u00e9. Cette strat\u00e9gie ne semble pas prendre en compte les mutations qui sont en train de s\u2019op\u00e9rer dans l\u2019industrie \u00e9nerg\u00e9tique mondiale, o\u00f9 le renouvelable tend \u00e0 prendre le dessus sur le fossile, en termes de comp\u00e9titivit\u00e9. Une r\u00e9\u00e9valuation du gaz to power \u00e0 la lumi\u00e8re de ces d\u00e9veloppements s\u2019impose. En effet si les tendances actuelles se maintiennent, m\u00eame le gaz sera tendanciellement plus co\u00fbteux que le renouvelable, ob\u00e9rant la comp\u00e9titivit\u00e9 des industries qui vont s\u2019y adosser. Surtout que la r\u00e9alisation de ce programme n\u00e9cessitera la construction d\u2019infrastructures de transport et stockage qui risquent de peser lourd sur les finances de l\u2019\u00c9tat, sans compter les \u00e9normes manques \u00e0 gagner financiers auxquels le renoncement aux exportations de gaz donnerait lieu.&nbsp;Les tendances mondiales sur la r\u00e9duction du co\u00fbt du solaire interrogent \u00e9galement sur la pertinence de la poursuite des subventions sur l\u2019\u00e9nergie fossile. \u00c0 notre avis, l\u2019Etat devrait progressivement abandonner ces co\u00fbteuses subventions et utiliser l\u2019argent ainsi \u00e9conomis\u00e9 pour renforcer l\u2019\u00e9cosyst\u00e8me du renouvelable au S\u00e9n\u00e9gal. Un renforcement des programmes de recherche et de formation dans ce domaine devrait \u00eatre envisag\u00e9, ainsi que le d\u00e9veloppement de PME orient\u00e9es vers la satisfaction des besoins des m\u00e9nages dans les centres urbains, p\u00e9ri-urbains et dans les zones rurales. Ce serait ainsi une \u00e9norme opportunit\u00e9 pour booster l\u2019emploi, l\u2019entreprenariat, et la productivit\u00e9 dans un secteur strat\u00e9gique avec d\u2019\u00e9normes potentiels effets d\u2019entrainement sur l\u2019\u00e9conomie.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les limites physiques \u00e0 l\u2019exploitation des hydrocarbures Les ressources fossiles, notamment le p\u00e9trole et le gaz, ont jou\u00e9 un r\u00f4le important dans la formation du revenu national de beaucoup de pays. En Afrique, comme ailleurs dans le monde, les revenus qu\u2019elles procurent, ont significativement contribu\u00e9 au PIB, aux exportations et aux recettes budg\u00e9taires. Or, cette [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":565,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"saved_in_kubio":false,"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-567","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-uncategorized"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/iafdd.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/567","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/iafdd.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/iafdd.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/iafdd.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/iafdd.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=567"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/iafdd.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/567\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":569,"href":"https:\/\/iafdd.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/567\/revisions\/569"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/iafdd.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/565"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/iafdd.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=567"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/iafdd.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=567"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/iafdd.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=567"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}